comportement du chien

Le manque de sucre pour le cerveau: Incidence sur le comportement du chien

Un éclairage nouveau sur le comportement de nos chiens

 Après des efforts prolongés, l’encéphale des humains et des chiens fatigue et augmente leur impulsivité, leur agressivité, ainsi que des prises de risque inconsidérées.
L’homme et le chien éprouvent tous deux des difficultés à gérer l’effort de concentration. Comme pour les humains, quand on demande aux chiens de faire quelque chose de difficile, leur cerveau se met à consommer beaucoup de glucose, au point d'en manquer. Cette carence peut avoir des conséquences fâcheuses, et parfois, au point  de provoquer des comportements aberrants  (comme se jeter sous une voiture ou faire tomber un enfant en le bousculant). C'est ce que démontre une étude réalisée par des chercheurs à l’université de Lille, en collaboration avec l’université du Kentucky. (publiée en ligne dans la revue Psychonomic Bulletin & Review)

L’expérience

Comment pour les besoins de l’étude provoquer une hypoglycémie cérébrale ? Leur faire faire un exercice physique ou les faire jouer n’était pas la solution car, dans un organisme en bonne santé et correctement alimenté, l’augmentation du rythme cardiaque favorisent le transport vers le cerveau du carburant nécessaire fourni par le foie.
  Pour faire diminuer le taux de sucre cérébral, et seulement cérébral, les chercheurs ont donc demandé à un groupe de  chiens de rester assis, immobiles, pendant 10 minutes. Pour solliciter d’avantage la concentration et le self contrôle des chiens, ils ont lâché une souris mécanique dans la pièce.
 Ensuite, chaque chien a été conduit dans une autre pièce où se trouvait une bull terrier particulièrement  agressive. Les chiens se sont révélés impulsifs, et, téméraires ils  se sont précipités vers le  dangereux molosse, heureusement contenu par les barreaux d’une cage.
  Les chiens d’un autre groupe qui n’avaient pas été soumis à l’épreuve de l’immobilité, mis dans la même pièce, se sont montrés plus prudents et sont restés sagement à l’écart du molosse.
  Les chercheurs en ont donc conclu, test sanguin à l’appui, qu’une forte contrainte peut entraîner une hypoglycémie et une prise de risque inconsidérée.
Ce qui corrobore d’autres études faites sur des personnes qui, dans le même type d’expérimentation, n’avaient absolument pas conscience d’avoir pris un risque plus important qu’à l’ordinaire. (plus d'infos en fin de chapitre : le paragraphe consacré à l’homme et à la diminution des capacités cognitives)


glycemie-et-comportement.jpgAprès un effort de contrôle sur eux-mêmes, le cerveau des chiens peut manquer d'énergie.
À gauche, Patrick, qui n'a pas participé à l'exercice.
À droite, Katie, épuisée après être restée assise immobile pendant dix minutes.
Son baillement signe bien son extreme lassitude (voir signaux d'apaisement) 
(Photo Figaro sante) 

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