peur de l'orage

La peur (de l'orage) et le chien.

La peur de l’orage.- les phobies- que faire pour le chien?
Orage

Occupez vous de lui s'il a peur.
Contrairement au lieu commun, vous ne renforcerez pas sa peur

 

La peur est une émotion instinctive, intrinsèque, qui ne peut être renforcée par l'apprentissage. On a peur ou on n'a pas peur de quelque chose. Vous pouvez toujours répéter à un adulte de ne pas avoir peur des couleuvres. Ça ne marchera pas, mais pour autant ce n'est pas vous qui lui avez appris à craindre les couleuvres. Inversement, ignorer un animal en stress ou en détresse peut avoir des conséquences très graves. C'est ainsi, par exemple, qu'une amie a perdu son chien pendant un feu d'artifice. Elle n'avait pas perçu son état de stress, ou l'avait négligé. Il  s'est enfui en mode survie aux premières fusées. (Il a heureusement été retrouvé huit jours plus tard à plusieurs kilomètres)

A propos du comportement à adopter en cas d'orage, il convient de distinguer deux cas:
PhobieSi votre chien ignore l'orage, ou  simplement peut paraître préoccupé mais reste tranquille, et ne vient pas chercher refuge au prés de vous, c'est qu'il gère l’événement de façon totalement autonome. Il ignore certainement cette peur, en tout cas la domine. Pas besoin d'aller le cajoler car ce faisant vous risquez de lui indiquer qu'il y a  une situation anormale, et de le conditionner à venir chercher refuge à chaque orage. Il faut donc éviter ce comportement protecteur avec un chien détendu. Il vaut bien mieux simuler une ambiance de fête pour que ce chien associe le tonnerre avec jeux et festivités.
Par contre, si votre chien est effrayé et vient chercher refuge prés de vous, acceptez le, cajolez le et rassurez le. Il a besoin de vous et vous devez répondre pèsent. Là il est trop tard, le chien a déjà peur, et c'est très inconfortable pour lui. En le soulageant, vous renforcez votre relation, et vous ne risquez pas de renforcer sa peur.  Imaginez vous , madame, debout sur un tabouret, terrorisée par deux souris qui cavalent sur le parquet, pendant que votre compagnon s’empiffre de chocolat en regardant la télé, et que pour tout réconfort il vous dise « désolé, je ne t’offre pas de chocolat car je ne voudrais pas t’apprendre à avoir peur des souris ». Hum...CQFD

Ayez à l'esprit cette expérience de Watson, ou l’on vérifie qu’un enfant, au début de l'observation, n’a pas peur des rats blancs. Puis on décide de déclencher un bruit terrifiant à chaque fois que 'enfant apercevra un rat blanc. Au bout de quelques répétitions, l’enfant aura définitivement peur des rats blancs. Cela pour dire que ce n’est pas l’orage qui a déclenché la peur du chien. Ce sont des phénomènes ou des événements passés et traumatisants aux quels le chien a associé le tonnerre et les éclairs, alors que eux n’ont pourtant jamais seulement chatouillé le chien-.

En réalité, l’idéal est de faire de la prévention.
Pour le chiot: Renforcer la résistance aux phobies ultérieures, et notamment aux orages, en habituant le tout jeune chiot à composer avec des émotions inconnues, et notamment à dominer le stress: l’homéostasie sensorielle (Clic pour en savoir plus) . Pour cela, on devra l’accoutumer à rencontrer des situations ou des événements imprévus pendant les premières semaines de sa vie (période d’attraction et de socialisation). C’est le rôle de l’éleveur (jusqu'à huit semaines) puis du propriétaire avec éventuellement l’aide d'un éducateur ou de l’école du chiot (avant quatre mois).
Pour le chien: Vous pourrez prévenir la montée en puissance de la phobie dés les signes annonciateurs (bourrasque ou tonnerre lointain), en dédramatisant la situation: simuler une fête joyeuse (youpi, caresses et jeux; etc), de sorte que pour le chien les signes annonciateurs d'orage deviennent  annonciateurs de moment de fete et de convialité et en jouant avec le chien qui vient se rassurer,.
Pour un chien déjà phobique, notamment aux orages, on pourra se servir de la réponse émotive sensorielle pour contre conditionner les peurs ou les angoisses. Il s’agit alors de rendre agréable ce qui avait été associé à du désagrément ou à du danger : le tonnerre ou l’éclair (par exemple) en les associant à une poignée de gourmandises ou à un gros câlin, tout le temps que dure l’orage. (clic ici pour voir le principe d'une désensibilisation au clicker ).

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