la socialisation du chiot

Le chien bien socialisé sait
-s’intégrer à ses congénères, et communiquer avec eux. On parle là de socialisation intra-spécifique (à l’intérieur de son espèce)
-s’intégrer aux autres espèces animales et aux hommes et communiquer avec eux. On parle là de socialisation inter-spécifique (d’une espèce à l’autre)

On distingue deux étapes  dans la socialisation du chiot : la primaire  qui débute chez l’éleveur et se termine chez l’acquéreur, et la secondaire qui succède a la primaire et se déroule chez l’acquéreur.

la socialisation primaire.

A parti de la troisième semaine et jusqu'à la douzième : Le chiot élabore sa banque de données. 
La socialisation primaire est un apprentissage naturel qui s’acquiert spontanément, qui est très stable, très durable, quasi irréversible. 
Elle se décompose en deux phases distinctes d’attraction et  d’aversion.

La phase d’attraction.

De la troisième à la septième semaine. Le chiot est attiré par tout ce qui bouge. Il est fortement attiré par tous les êtres qu’il rencontre quelles que soient leurs espèces. Il les adopte, et mémorise les caractéristiques de leurs espèces. Désormais, toute sa vie durant, ces espèces lui seront familières. S’il adopte un individu, il adopte tous les individus de son espèce. On dit qu’il généralise.

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Cas particulier : l’humain. Pour que la généralisation à l’humain soit certaine, le chiot doit interagir avec plusieurs personnes de tous genres et de toutes catégories : hommes, femmes, enfants, vieillards, grands, petits, gros, de couleur, barbus, en uniformes divers, avec des accessoires divers (casques, chapeaux), en vélo, en moto, etc etc.
En résumé, tous les êtres et espèces rencontrés durant cette période faste  (de 3 à 7 semaines) feront désormais  partie des espèces « à ne pas craindre », avec lesquelles le chien entretiendra de bonnes relations jusqu'à la fin de ses jours. Le futur chien avenant est en train de se façonner. 

La phase d’aversion.

 A partir de la septième semaine, l’aversion pour la nouveauté se substitue à l’attraction, et va croissant jusqu'à douze semaines environ. Le chiot, au contraire, se détourne des nouvelles espèces qu’il rencontre. Il est dans l’impossibilité de communiquer avec elles. Il les redoutera toute sa vie. C’est donc un épisode très défavorable pour découvrir le monde. Sauf à le faire avec précautions et de façon rassurante, il faudra éviter de lui présenter des espèces ou des catégories humaines inconnues jusqu’à l’âge de trois mois. Se méfier notamment des jeux des enfants sans surveillance qui, inconsciemment, peuvent parfois malmener le chiot comme un poupon. Certaines phobies que l’on observe chez le chien adulte sans savoir les expliquer, peuvent avoir leur origine dans cette période d’aversion.

L'importance de l'élevage

Le rôle de l’éleveur.
On mesure avec quel  bénéfice le chiot sera mis en contact de bébés, de vieillards, de facteurs,  de chats et de chevaux ! Seulement à cet âge si favorable,  les chiots sont chez l’éleveur, l’adoption ne pouvant pas se faire avant huit semaines (âge légal)). C’est donc normalement le rôle des éleveurs d’assurer cette ouverture sociale au monde. Le font-ils tous ? L’idéal pour l’acquéreur, serait de pouvoir aller fréquemment chez l’éleveur pendant les cinq, six et septième semaines, accompagné de personnes variées, de tous âges (enfants et bébé) , pour favoriser, sinon assurer, cette socialisation. (qui profiterait aussi au reste de la portée).

 chiots manipulés.jpg                                Photo:une visite à l'elevage  http://www.elevagelombrerougedephrygie.com/


Le rôle de la mère.
Si la mère est elle-même bien socialisée, elle conduira ses chiots à la rencontre des visiteurs et des autres espèces présentes chez l’éleveur. Elle assurera positivement sa part de la socialisation. Si elle est mal socialisée, les chiots imitant ses comportements, auront tendance à inhiber leur socialisation. D’où l’importance de connaitre la mère, et pourquoi pas le père et les autres adultes de l’élevage, avant d’acheter un chiot.

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Le choix de l’élevage.
On a vu précédemment que l’élevage devait offrir un maximum de stimuli et de liberté pour favoriser l’éveil des chiots. On a vu l’apport de la mère (et des chiens adultes) dans la socialisation du chiot. On a vu le rôle fondamental  que devraient  jouer l’éleveur et son entourage (famille, amis). Ce sont tous ces atouts qui font un bon élevage.

Alors, évidemment, on comprend immédiatement qu’un chiot ne s’achète pas en animalerie.
On comprend aussi, qu’il est bon de visiter plusieurs fois l’élevage envisagé pour vérifier la présence de ces atouts, pour connaitre la mère et si possible le père, pour rencontrer l’éleveur et sa famille, pour y choisir le chiot dans la portée.
On comprend qu’il faudra absolument éviter un élevage fermé au monde extérieur,  où les chiens vivent reclus dans des cages ou au fond d’un garage, où les éleveurs ne sont présents que pour distribuer les rations alimentaires. Même si cet élevage comporte de nombreuses lices, même s’il est  réputé produire des chiens primés en expo.
On sent bien ce qu’est  l’idéal : un élevage de type familial, avec très peu de lices, où les chiens sont libres, rentrent dans la maison, et sortent  dans un environnement riche et stimulant comportant des locaux ouvert, un espace suffisant, avec des animaux partout (chats, volaille, éventuellement équidés). Une famille d’éleveur disponible et attentive,  avec grands-parents et enfants qui jouent avec les chiots en courant et en criant, qui circulent en vélo. Et des amis qui vont et viennent en voiture, en vélo, ou casqués et en moto, et qui tous auront plaisir à aller  faire des papouilles aux chiens et aux chiots.
Entre l’horreur et l’utopie, trouvez le bon compromis….. Mais n’oubliez pas : le chiot est un petit organisme vivant qui vit un peu de croquettes et  beaucoup d’eau fraîche et d’amour.

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photo: http://amber-oaks.com/notre%20elevage.htm

La socialisation secondaire.

 C’est le travail qui se fera dans la famille d’accueil, après la phase de socialisation primaire, en continuation et en complément de cette dernière, et souvent avec l’aide d’éducateurs canins, d’école du chiot ou de clubs. Le chiot va simplement progresser dans des comportements et des savoir-faire nouveaux, qui renforcent et développent et completent les acquis de la socialisation primaire.
Si la socialisation primaire n’a pas pu avoir lieu (manque de stimulations, élevage en chenil fermé)  ou est incomplète (pas assez de rencontre en période d’attraction)  le chien devenu adulte risque de présenter certains troubles dits  « troubles du comportement ».
Heureusement, les défauts sont rattrapables. Une socialisation secondaire permettra de palier aux insuffisances des premières semaines.

La socialisation secondaire sera plus lente, plus laborieuse et plus instable. Ce qui signifie que, le chien étant susceptible d’oublier des apprentissages non utilisés, elle doit être régulièrement entretenue. Elle le sera d’autant plus qu’elle sera tardive, Mais elle restera toujours possible. Elle sera d’autant plus facile, rapide  et agréable à réaliser que les méthodes employées seront stimulantes.
Des méthodes naturelles et positives seront privilégiées, plutôt que les méthodes contraignantes encore fréquemment imposées par des conseils aux chiens et à leurs maitres (qui bien souvent, s’en lassent rapidement).

Il arrive parfois, si les troubles sont graves, qu’il faille procéder à une rééducation comportementale. C’est le travail des comportementalistes que de vous guider  dans cette démarche.

En pratique


Dés l’acquisition ou l’adoption, faites vous aider. Rejoignez une école du chiot authentiquement naturelle et ludique,  Vous vous y amuserez, votre chiot aussi. Par le jeu, et la fréquentation de lieux diversifiés (ville, plage, forêt, foule, magasin) il développera et généralisera, son sens de l’obéissance, ses facultés de  cohabitation intra et inter-spécifique,  et son homéostasie sensorielle. 
Tout pour rester ou devenir un agréable « bon chien de compagnie »