L’anthropomorphisme, ou comment mener votre chien au mal-être.

L’anthropomorphisme est un mot venant du grec anthropos (homme) et morphê (la forme). L’anthropomorphisme est donc la tendance à attribuer aux animaux des caractéristiques propres à l’homme. En d’autres termes, c’est donner à votre chiens des comportements ou des manières de pensé humaine, voir penser à ce que votre chien éprouve des besoins similaires aux hommes. Hors, c’est oublié qu’un chien, comme tout animal, à ses besoins propres qui sont très différents des notre.

D’une certaine façon, l’anthropomorphisme est une manière de maltraiter son chien, mais de manière totalement involontaire. Cette attitude néglige les besoins de l’animal pour les bons plaisirs du maîtres, l’obligeant à accomplir des actions dont il n’a n’y le besoin ni les capacités. Ce comportement peut mener à terme à une déception du maître, qui voit son chien ne pas accomplir ses envies. Cela peut mener dans les pires des cas à l’abandon des animaux.

L’anthropomorphisme, quelle forme peut elle avoir ?

Prenons l’exemple d’un cas extrême entre un chien et son maître. N’avez vous jamais vu dans les rues des chiens habillés avec des tenues pour le moins excentriques… le but est de mettre en valeur le propriétaire, sans se soucier du bien être du chien. Forte heureusement, ces excès ne représentent que l’infime minorité des chiens.

Les erreurs d’interprétation. 

De fait  ce sont souvent des maîtres généreux  et raisonnables qui en certaines circonstances prennent innocemment le chien pour ce qu’il n’est pas. Et cela conduit à des erreurs d’interprétation.


Le chien repentant.


Le chien qui s’est montré agressif ou qui a mordu et qui vient lécher son maître ne vient pas, comme le ferait un enfant, se faire pardonner. Il vient en fait confirmer qu’il est vainqueur (voir la séquence d’agression) et affirmer sa supériorité. Et si le maître accepte ces effusions il admet qu’il est battu et confirme sa soumission.


Le chien rigolo. 


Laisser à un chien à poils longs avec une frange devant les yeux lui donne souvent un cachet amusant. Mais le chien n’est pas un jouet.La frange gêne sa vision, et peut provoquer des irritations. Etre soumis interminablement à cette irritation peut rendre le chien irritable. Il peut devenir agressif, si de surcroît, compte tenu de la gêne visuelle, il estime mal l’approche d’une main qui vient, même amicalement, à son contact.


Le chien hyper protégé. 


Le chien n’est pas un enfant qu’il faut protéger des grands. Le chiot a acquis des codes pour communiquer avec ses congénères, et devenu chien il est désormais à même de gérer les contacts avec ses congénères. Il est notamment plus compétent que le maître pour désamorcer un conflit, pourvu qu’il soit libre de s’exprimer (voir comment le chien s’exprime et les signaux d’apaisements). Si on lui interdit, ou si on bride les échanges avec les autres chiens (en bout de laisse ou dans les bras), on le réduit à s’exprimer en grognant. Le fait que chaque rencontre est ainsi évitée ou interrompue, renforce le grognement. Et de proche en proche, avec la protection de son maitre,  le chien va devenir agressif, et ses menaces de plus en plus virulentes. Il devient alors un roquet pour la société. Il devient aussi un danger pour lui-même car un jour ou l’autre, sans la protection de son maître, il rencontrera un chien plus fort que lui et fatalement le menacera.


Le chien agressif. 


Essayer de retenir le chien agressif à l’égard d’autres chiens  va à l’encontre du but, louable, recherché. Le maître donnant à son chien des claques ou des secousses au collier, n’a pas la puissance nécessaire pour que ce soit ressenti comme une sanction. C’est au contraire ressenti comme une participation encourageante. Cela renforce  donc le comportement agressif du chien. Comme d’habitude pour le chien, ce comportement indésirable doit sembler être ignoré .  Evidemment puis qu’il peut y avoir urgence  il faudra mettre en jeu un stimulus plus puissant que celui qui déclenche l’agression du chien : lancer d’un objet bruyant (genre bidon vide), d’un pétard, ou toute forme de «punition divine » disponible.


Le chien angoissé. 


Réconforter par une caresse un chien qui a, ou qui vient d’avoir peur de quelque chose ou d’une situation, augmente son angoisse, et renforce son comportement phobique. Là aussi, il faut adopter une attitude neutre pour dédramatiser la situation , et /ou si possible détourner l’attention du chien grâce à des stimulations plus fortes et plus appréciées : par exemple donner un ordre simple et habituellement agréable au chien, avec la promesse d’une bonne friandise ou d’un jouet en récompense.

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