la peur, les phobies: obstacles aux relations harmonieuses

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Peurs et Phobies

 Tout le monde est plus ou moins familier de la peur, il n’y a donc pas besoin de la décrire. La peur de la mort, de la douleur ou du danger rend vigilant. Les phobies, forme maladive de la peur, durent bien plus longtemps que la cause de la peur, conduisent à l’angoisse, et se manifestent aussi par des réactions irrationnelles, parfois inexplicables. (Phobie des araignées par exemple) Les chiens y sont aussi sensibles : peur des coups de fusils, de l’orage, des feux d’artifice, de certaines catégories de personnes ou de certains lieux, peur de leur maître qui parlent trop fort et les terrorisent, peur d’un gamin qui se précipite droit sur lui en gesticulant, peur d’autres animaux  etc. Dans tous les cas la disponibilité du chien est réduite quand il est saisi par la crainte.

Les réactions

S’il est libre, le chien va évacuer sa peur en évitant la cause de la peur, il va s’en éloigner jusqu'à se sentir en sécurité (distance de sécurité).
S’il ne peut s’éloigner de la cause de sa peur,  et selon la gravité de la situation, le chien peut, souvent de façon irrationnelle, se figer (sidération), menacer et peut être mordre, (voir le chapitre agressivité) ou adopter des comportements de substitution ( léchage, auto mutilations, grattage, creusement de trous). On pourra observer le chien se coucher, ramper, ou se faire tout petit, en gémissant,ou en tremblant.  On notera les oreilles rabattues, les pupilles dilatées,  les poils hérissés, la queue ramenée sous le ventre, l’arrière train crispé, et parfois des vomissements. 

L’origine des phobies.

Certaines phobies sont déjà transmises par la mère du chiot : soit qu’elle lui communique son appréhension vis-à-vis de certaines personnes, de certains événements ou de certains lieux, soit  qu’elle ait elle même subit un traumatisme pendant la gestation.
Certaines phobies seront développées par des chiots ayant vécu en milieu d’éveil pauvre, ou ayant connu des expériences douloureuses pendant la phase sensible de leur développement (avant 4 mois). A noter que ces phobies peuvent rester silencieuses  et se manifester ultérieurement  (en général à la puberté).
La phobie peut apparaitre à la suite d’un événement  violent et traumatisant (cas d’un chien pris dans un accident de voiture et qui aura peur de remonter en voiture, cas d’un chien maltraité pendant des jeux d’enfants et qui gardera une appréhension à l’égard des enfants).
Le chien peut également généraliser et manifester sa phobie à des lieux  ou à des circonstances qui lui semblent être propices à des traitements ou à des événements douloureux. C’est le cas, par exemple, de chiens forcés à l’obéissance par des méthodes coercitives dans les clubs et que l’on verra chercher à s’esquiver quand ils sentiront que les maitres préparent le matériel.

Quoi faire.

Ne pas hésiter à consulter un vétérinaire pour verifier qu'il n'y a pas un probleme organique.
La phobie est un problème grave qui risque de devenir de plus en plus douloureux pour le chien, et de plus en plus gênant pour l'entourage. Très souvent le maitre ne peut pas comprendre les réactions de son chien car les causes ne sont pas toujours apparentes. Il doit toujours garder en tête que le chien est victime et non pas coupable.
Un chien qui rencontre une situation qu’il n’a pas connue, va au premier abord craindre cette situation. Puis, en fonction de son milieu, de son entourage, de sa confiance en lui, et surtout de son vécu il sera capable ou incapable de surmonter son appréhension. Il y parviendra plus facilement si étant jeune, il a déjà rencontré et surmonté une situation à peu prés similaire. A l’inverse si la situation le renvoie au souvenir d’une expérience douloureuse ou traumatisante, son angoisse sera renforcée.
Si à ce moment là, l’attitude du maître est équivoque, instable le chien restera méfiant, vigilent, tendu. Si le maître se montre neutre et calme, le chien en le regardant peut en conclure qu’il n’y a rien à craindre.
Il ne faut pas que le maitre refuse d'aider le chien à faire face à son inquiétude. Il risque de le traumatiser en aggravant son déséquilibre, et de perdre sa confiance.  Le maitre peut aider le chien à oublier l'évenement en banalisant la situation (youpi, c'est bien,etc) en lui proposant une diversion (travail ou jeu).
Si les causes de la phobie sont bien identifiées on peut  désensibiliser le chien. Un objet ou un événement ou un lieu est devenu phobique parce qu’à un moment donné il a été accidentellement associé à quelque chose de désagréable ou douloureux.  Inversement, pour désensibiliser le chien il faut associer la cause (objet, événement ou lieu) de la phobie à quelque chose d’agréable. Pour cela on exposera progressivement le chien a la cause qui l’inquiète en la couplant avec des effets agréables pour l’apaiser. Par exemple pour désensibiliser le chien de sa peur de la voiture , on donnera une récompense au chien pour avoir regardé la voiture, puis pour s’en être approché, puis pour y avoir posé une patte , puis deux, puis quatre. On peut ensuite consolider l’affaire en lui donnant son repas dans le coffre de la voiture et laisser la voiture dans le jardin afin qu’il l’apprivoise à son grés.
Mais de toute évidence il vaut mieux anticiper l'apparition des phobies et avoir toujours en tête d'éviter de placer le chien dans dans des situations propices aux frayeurs. On veillera notament à placer fréquement le chiot dans des situations riches en stimulations (sorties en ville, dans des quartiers de plus en plus animés et bruyant), à rendre agréables les rencontres avec des gens ou des animaux nouveaux (friandises ou jeux), à éviter de caresser le chien dés qu'il laisse apparaitre de l'inquiétude. 

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